La Tragédie du LANCASTRIA

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Jimes Cockburn
Mis en ligne : mercredi 28 mars 2007, par Yves

James Cockburn

Mon histoire commence en 1939, lorsque notre pays entra en guerre contre l’allemagne. Tous les hommes et femmes furent appelés pour offrirent leur service aux forces armées.

Cette histoire n’est pas d’un courage remarquable ou d’une grande dévotion, mais tout simplement de la camaraderie. Cette amitié qui s’est développée entre les hommes ne s’était jamais rencontrée auparavant. Ces opportunités furent une chance de connaître de bons copains, telle était mon expérience.

Quand j’ai rencontré Tosch dont le nom était McIntosh, nous étions ensemble pour servir une unité d’Artillerie, située dans le Nord de la France avec la B.E.F . Nous combattions dans la « fausse guerre »

Tous les deux, étions jeunes avec un bon esprit militaire ; nous étions également deux menuisiers de la même région. Notre ambition commune était de pouvoir entrer dans les Enginers. Notre unité était plus ou moins stationnée dans un cantonnement dont beaucoup d’emplois de construction étaient créés. Nous étions désignés pour former ces ouvriers. Nous devions effectuer ce travail de la meilleure manière possible, ceci avec peu de matériel.

Un jour nous étions appelés à notre compagnie afin de préparer notre Kit pour un voyage vers le sud-ouest de la France. Afin de rejoindre un grand atelier de l’armée, où nous devions tester et transférer le matériel d’une autre unité. Munis de nos papiers, nous nous mettions en route pour la première étape. La première nuit nous étions restés dans un camp de transit, dirigé par le Regiment Of Guards. Le matin suivant nous étions allés au bureau de la compagnie pour obtenir notre ordre de mouvement. Sur le chemin nous rencontrions les Guards Orderly Officer ainsi que le Sergent Major, étant de bons soldats nous les avons salués dans le respect. Malencontreusement Tosh fumait une cigarette ce qui était, bien sur, une insulte à l’uniforme de l’Officier. L’on nous appela afin de nous informer de quel genre de soldats nous étions dans leurs esprits. Ensuite, nous sommes partis en toute hâte vers la gare et surtout hors de portée. Une fois dans le train nous avons bien rigolés sur cet incident.

Après deux ou trois jours, nous sommes parvenus à destination. Arrivés dans notre nouvelle unité, nous étions accueillis par l’habituel défilé de l’armée, ensuite nous gagnions notre nouveau cantonnement. Une rangée de baraquement situé dans un grand champ, était remplie de soldat de presque tous les régiments de l’armée Britannique.

Par la suite, dans le camp nous entendions que ça commençait à chauffer dans la « fausse guerre ». Une rumeur circulait comme quoi des parachutistes allemands étaient tombés la nuit sur notre zone. Notre compagnie formait une section d’unité anti-parachutiste. Cette unité était surtout formée d’hommes de l’infanterie et des unités de l’artillerie, compétente dans le traitement avec de petites armes.

Tosh et moi, étions dans ce camp depuis peu temps, quand une nuit, allongés sur nos lits, nous entendions un coup de feu. Nous n’y avions pas prêté beaucoup d’attention. Mais pas longtemps après le Orderly Officer et le Sergent sont venu inspecter les armes pour identifier un éventuel criminel. Le matin nous avons connu la raison du coup de feu ; notre propre Sergent Principal dormait avec la femme d’un français, celui ci était venu à la maison inopinément et se mit à la suivre, il lui tira un coup de revolver en plaine figure.

Jamais nous avions entendu parlé de la retraite du Nord. Nous l’avions deviné suite à l’augmentation soudaine, de nuit, de vol d’avions ennemis au dessus de notre atelier. Les incidents se produisaient souvent de nuit où nous montions la garde dans cet atelier. Tosh et moi étions de service avec l’Officer, lorsque la nuit fut très agitée par des bombardements. Cet officier devait savoir que des réfugiés commençaient à passer sur la route longeant notre campement.

Le lendemain, nous recevions l’ordre de tout détruire dans l’atelier, ainsi que les magasins, dépôts et tous les véhicules ne pouvant être utilisés. Nous allions sur le parking, munis de marteaux, détruire tous les moteurs pour que personne ne puisse les utiliser. Ensuite commençait le défilé et le colonel nous informait des mauvaises nouvelles, l’ennemi n’était pas très loin, nous devions partir aussi rapidement que possible pour rejoindre un port le plus proche.

Nous nous dirigions vers le port de Saint-Nazaire, c’était très difficile de se faire un chemin parmi tous ces réfugiés. Ces gens chargés de leurs biens rejoignaient le Sud de la France fuyant les allemands.

Nous savions que nous étions près de notre destination, car nous observions un grand nombre d’abandons de véhicules que nous incendions sur notre passage. Après une grande traversée, nous arrivions sur un terrain d’aviation à proximité de Saint-Nazaire. Nous en profitions pour changer de vêtement ce qui était bien nécessaire, et comme il se trouvait un grand nombre d’équipement nous en profitions pour nous munir de vêtement neuf. Non loin de nous se trouvait une section de l’AMPC, on pouvait y déguster un verre d’alcool dans une cantine située sur le terrain.

Aux abords du terrain d’aviation, des tranchées étaient creusées, probablement pour la protection du personnel du terrain d’aviation. Soudain, un avion venant du ciel bleu, passait au-dessus de nos têtes. Je n’ai jamais vu autant d’hommes disparaissant, allongé sur le sol, en un temps si court, inclus Tosh et moi-même. Heureusement l’avion était un des notre. Ensuite, nous l’entendions s’éloigner et savions qu’un raid avait eu lieu sur Saint-Nazaire.

Tard dans la soirée, nous avons été rassemblés, par unité, sur le terrain d’aviation. Tosh et moi étions ensemble et transportions un fusil avec des munitions. Nous recevions l’ordre de marcher lentement, nous nous demandions tranquillement ce qui allait nous arriver par la suite. Nous avons marché jusqu’à l’aube, une fois arrivé sur les docks il y avait une file de plusieurs milles. Notre tour arriva pour un embarquement sur un dragueur de mines qui procédait à l’évacuation des troupes. Une fois embarqué, nous sommes restés debout ; un contrôleur nous demanda de nous serrer au maximum afin d’embarquer le plus de personne à bord, et de faire très vite car il n’y avait pas de temps à perdre. Aussitôt plein nous sommes partis pour laisser la place à un autre navire qui attendait cette place. En sortant du port, nous nous disions qu’il y avait des transporteurs de troupes à l’ancre. Je comptais à peu près une centaine de personnes à bord de notre bateau, Tosh et moi étions deux d’entre eux. Le navire était réellement à pleine capacité.

Lorsque nous embarquions, il y avait de tant de monde, que nous avons du laisser notre kit et notre fusil sur le pont à l’arrière du navire. Cela nous avait semblé être une bonne place, si bien que nous étions partis à la recherche d’un repas. Lors de notre trajet, nous découvrions que notre navire était le Lancastria, un navire de la Cunard, d’une taille moyenne. Il débordait de troupe avec à bord une poignée de civils. Pendant ce temps, nos propres avions tournaient autour de nous, ce qui nous avait rassuré dont nous en avions besoin. Errant sur le navire, nous constations qu’un repas était servi, une saucisse accompagnée de salade suffisait à remplir nos estomacs.

Lors de notre retour, la sirène anti-aérienne du bateau se mit à retentir, dans l’énervement Tosh et moi nous nous étions perdus de vue. L’avion ennemi venait d’attaquer un autre navire qui se trouvait à proximité de nous, endommageant son pont et ses superstructures. Retrouvant mon chemin sur l’arrière du lancastria, je me suis assis sur mon kit. Quand apparaissant du soleil, un avion ennemi plongeant vers une nouvelle cible qui se trouvait être le Lancastria, une cible facile car nous étions au mouillage. La première bombe est tombée à coté de notre position, le long de la coque. L’explosion provoqua de petites fêlures à la coque. L’avion suivant était plus précis, il laissa tombé une de ses bombe à proximité de la cheminée, dans la salle des machines causant un ravage. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder tout ça, ne pouvant croire ce qui nous arrivait.

Aussitôt le bateau a commencé à prendre de la gîte sur le côté, l’équipage essayait durement de faire déplacer les hommes sur l’autre côté du navire, afin de le redresser, mais cela n’avait duré que très peu de temps. Lentement, le Lancastria commença à couler ; dans la panique les hommes sautaient à l’eau, d’autres sur le pont supérieur jetaient tout ce qui pouvait flotter dans l’eau. Mais tout ce qui était jeté à la mer et devait servir pour aider, tombait sur les têtes des hommes flottant sur l’eau en les étourdissant.

Sur les ponts, les hommes entassés, couraient en demandant ce qu’ils devaient faire, mais c’était déjà « chacun pour soit ». J’ai attendu Tosh mais il n’a jamais apparu, il se trouvait à l’intérieur du navire. Je réfléchissais à la meilleure façon de quitter le bateau, quand je remarquais d’autres hommes qui disparaissaient dans l’eau suite aux objets leur tombant dessus, je me osais la question :« qu’elle voie, devais-je prendre ? » pour éviter qu’une chaise me tombe sur la tête.

Je lançais un dernier regard autour de moi ; je rencontrais un autre homme de mon unité. Je souhaitais bonne chance à mon ami Tosh, je lui serrais la main et prenions un chemin différent. Je me débarrassais de mon uniforme, ensuite je me dirigeais vers une corde qui était le long du bord. Je regardais en bas de la corde et m’apercevais que l’hauteur afin de rejoindre la mer, était impressionnante. Je décidais de descendre le plus rapidement possible, dans le cas où quelqu’un où quelque chose, me tomberait dessus. Une fois arrivé en bas, je constatais que mes mains étaient entièrement brûlées par la corde et le sel de mer.

A une certaine distance, je rencontrais un officier qui avait réussi lui aussi à s’échapper du lancastria coulant rapidement. Tous les deux, nous étions couverts d’huile ou de pétrole épais. L’avion ennemi continuait à frapper, il était déjà à s’occuper d’un autre navire tout près de nous. Nous entendions ces bombes éclatant dans l’eau ; nous en avions mal au ventre. Un autre avion ennemi plongeait sur les nageurs afin de les mitrailler.

Après quelque temps dans l’eau, nous étions repêchés par un dragueur de mines français. L’officier et moi-même devions être traînés sur le pont car nous avions perdu l’utilisation de nos membres. Ce n’est qu’une fois à bord que nous reprenions un peu de nos esprits. Nous nous sommes dirigés vers la salle des machines pour nous sécher autour des chaudières.

Le bateau continuait à sauver des survivants, c’était affreux à vivre ces moments pénibles. Ensuite nous nous sommes dirigés vers le HMS Havelock, l’on nous demanda d’embarquer à bord du destroyer le plus rapidement possible. Une fois embarqué, l’on nous a fourni quelques vêtements et un endroit afin de nous reposer la nuit. Je me dirigeais dans la salle des machines avec beaucoup d’autres rescapés du Lancastria. Mais le sommeil n’est jamais venu, j’écoutais certains qui racontaient leurs expériences horribles lors du naufrage.

De nombreux blessés étaient à bord, beaucoup d’hommes étaient couverts de mazout, certains luttaient pour survivre car ils avaient avalé une quantité importante de ce pétrole visqueux. Leur situation était critique voir définitive. Quelque uns sont morts lors du voyage et ont été jetés à la mer sans aucune cérémonie. Encore aujourd’hui, je pense beaucoup aux centaines d’hommes, femmes et enfants qui n’ont jamais pu atteindre le pont pour sauver leur vie. Ils sont réunis dans un grand cercueil d’acier au large de Saint-Nazaire.

Quand nous sommes parvenus à Davenport, un grand nombre d’ambulances des organisations bénévoles dont beaucoup de femmes, attendaient les blessés. Ensuite tous les blessés étaient transférés sous des hangars maritimes afin de prendre un repas composé d’œufs, accompagnés de frites. Après notre repas, des marins nous ont aidé à retirer l’huile épaisse sur notre corps. Deux jours plus tard, une partie de notre unité fut envoyée à Luton, d’autres étaient dirigées vers divers endroits. J’étais heureux d’apprendre que mon ami Tosh était parmi eux.

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