La Tragédie du LANCASTRIA

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2. Le Lancastria réquitionné pour la Guerre
Mis en ligne : jeudi 23 juin 2005, par Yves

Le Lancastria et la guerre



Le 1er septembre 1939, la radio française annonce la mobilisation générale.
Le 3 septembre 1939 à 10h, l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne ; la France suit le même jour à 17 h .

L’année 1939 est la dernière année du Lancastria en temps de paix ; le gouvernement britannique ordonne à l’amirauté, en mars 1940 de réquisitionner le Lancastria afin de le transformer en transporteur de troupes. Pour sa première mission, le Lancastria devra retourner en Norvège pour évacuer les soldats britanniques, français, canadiens et polonais. Lors d’une escale, il s’arme de matériel de guerre pour sa défense anti aérienne et les sous-marins.
Le 13 avril 1940, l’Etat anglais annonce que le navire « Lancastria » est à la disposition de la marine britannique ; ainsi le RMS Lancastria devint le HMT Lancastria.


Panneau de cale
Panneau de cale
la première bombe tomba dans cette cale causant la mort de plus de 800 soldats

Ses jours de croisière sont finis.


Le Lancastria à Egremont en 1936


Pendant ce temps
Le 1er septembre 1939, à 04h45 les chars d’assaut allemands franchissent la frontière de la Pologne ; dans la soirée, la Luftwaffe anéantit l’aviation polonaise. Quelques heures après la déclaration de guerre de l’Allemagne, un submersible allemand coule le paquebot anglais Athenia causant la mort de 112 personnes

L’Athénia
L’Athénia


L’Athénia
L’Athénia

Le navire "Athenia" fut lancé en 1923 à Govan en Ecosse par le chantier Fairfield Shipbuilding and Engineering Company pour la Compagnie "Anchor Donaldson". Il naviguait principalement entre Glasgow, Liverpool, Québec et Montréal.
Au plus fort de l’hivers lors des sérieux coups de vents en Atlantique, il réalisait des croisières sur différentes destinations. En 1935, sa compagnie change de nom pour devenir "Donaldson Atlantic Line Ltd"

Les caractéristiques de l’Athénia étaient les suivantes :

Longuer : 160 mètres
Largeur : 20.20 m
Déplacement : 13465 tonnnes
516 cabines 1ere class
1000 : 3ème class
Vitesse 15 nds
Il avait deux mâts et qu’une seule cheminée.
Il avait deux hélices propulsées par des turbines à vapeur.


Eté 1939,
l’Allemagne dispose d’armements modernes et en 12h elle peut mobiliser la plus grande partie de ses forces militaires, soit 4,5 millions d’hommes. Le noyau dur des forces terrestres se compose de :
-   6 divisions blindées
-   4 divisions motorisées
-   4 divisions blindées légères
-   86 divisions d’infanterie
-   3 divisions de montagne
La marine dispose :
-   2 cuirassés
-   3 cuirassés légers
-   21 contre-torpilleurs
-   12 torpilleurs
-   57 submersibles
La Luftwaffe :
-   302 staffelen (escadrons de 12 avions)
-   2370 équipages et 2564 avions ( bombardiers, chasseurs bombardiers et avions de chasse)
-   corps de parachutistes d’élites

Ecomusée Saint-Nazaire
Ecomusée Saint-Nazaire

Le 12 Octobre 1939, le premier transporteur de troupes, Le Maroli, arriva à Saint-Nazaire.


Ecomusée Saint-Nazaire
Ecomusée Saint-Nazaire


Ecomusée Saint-Nazaire
Ecomusée Saint-Nazaire

Le Maroli débarquant les soldats anglais


La nuit du 13 au 14 octobre 1939, l’U-47 commandé par le capitaine Günther Prien lance à 01h27 une deuxième salve sur le prestigieux cuirassé, le « Royal Oak » navire de 187 mètres ; il sombre en moins d’un quart d’heure, emportant avec lui les 833 membres de l’équipage.

Photo Eco Musée St Nazaire
Photo Eco Musée St Nazaire

Arrivée des troupes Anglaises à St Nazaire en 1939, débarquant du navire Ulster Prince


Entre 1939 et 1945, les allemands produisent plus de 1000 sous-marins.

A la fin de l’année 1939, les anglais ont déjà perdu 114 bâtiments

Le 9 avril 1940 marque le début de l’invasion du Danemark qui, pris au dépourvu se rend sous la menace allemande du bombardement de Copenhague ; en une journée le pays est occupé.

Le 3 mai, les anglais doivent évacuer le port de Namsos car les allemands remontent d’Oslo ; lors des deux batailles de Narvik (du 10 au 13 avril), les britanniques coulent 10 contre-torpilleurs ennemis ; les norvégiens, les britanniques et les français résistent jusqu’au 8 juin pour finalement abandonner Narvik en embarquant sur les transporteurs de troupes.

Le 14 mai, à l’issue d’un bombardement allemand qui fait 1000 victimes parmi les civils, Rotterdam tombe.

14 mai 1940, bombardement sur Rotterdam
14 mai 1940, bombardement sur Rotterdam


Le 10 juin les formations blindées motorisées de la Wehrmacht franchissent la Seine

Le 14 juin, les allemands défilent dans Paris sur les champs Elysées


Le RMS Lancastria est devenu le HMT Lancastria et ses peintures de navire de croisière prennent des couleurs ternes,mais le navire reste encore d’une belle apparence. Les premiers jours de la guerre, vue sa grande capacité de chargement, il est engagé pour les transports de troupes dans l’Atlantique Nord. Il évacue des troupes de Harstdad ; il revient en Angleterre avec ses salles remplies de soldats épuisés et déprimés. Sur la route du retour, il fut repéré par un avion allemand qui le prend en chasse lui laissant tomber une salve de bombes qui manquent leur objectif ; ces troupes débarquent à Glasgow en Ecosse .

Le 28 mai, le Lancastria quitte Glasgow pour la Norvège ; il arrive le 4 juin à 3 heures sur zone pour mouiller son ancre afin d’embarquer les soldats. Dans les eaux de Namsos, se trouvent déjà une vingtaine de transatlantiques manœuvrant . Les différents aller-retours sont assurés par des destroyers ayant la tâche de ramener tous les soldats ; ces troupes sont composées de polonais, canadiens, britanniques et français. 2653 soldats embarquent difficilement sur le Lancastria en raison d’une météo peu propice .

Le Lancastria, muni d’un canon à l’arrière
Le Lancastria, muni d’un canon à l’arrière


Entre le 26 mai et le 4 juin, pas moins de 340 000 hommes doivent rejoindre l’Angleterre au cours de la fameuse opération Dynamo, une retraite présentée comme une victoire ; il en va du moral de la Nation. Mais il reste des civils et 150 000 soldats du Corps Expéditionnaire britannique, non encore évacués. Ordre leur est donné de rejoindre les ports de l’ouest.

Les allemands dans cette guerre éclair, progressent sur le sol français, sans rencontrer d’opposition ou presque, ils se rapprochent du Havre, de Cherbourg, Saint-Malo, Brest, La Pallice.... Des dizaines de milliers d’hommes sont évacués dans l’urgence avec succès. Subissant déjà des raids aériens Saint-Nazaire est au cœur de cette opération baptisée "Aerial".

Mais le pire reste à venir...............

Le 14 mai 1940, le Lancastria est amarré dans le port de Glasgow parmi d’autres navires pour participer au convoi « Alabaster » ; tandis qu’un orchestre écossais jouait sur le quai le Lancastria appareillait rempli de troupes ; les ponts étaient entassés de soldats ; cette opération devait se répéter au mois de juin avec le triple de soldats à bord.


Le Lancastria dans les eaux de Norvège évacuant les troupes


Lors de son escale à Greenock, le Lancastria charge environ 55 tonnes de combustible car il doit être en permanence prêt à appareiller pour d’éventuelles opérations ; ni le capitaine , ni l’équipage ne connaissent leur destination, ainsi le 4 juin, il fait route pour Liverpool où il passe en cale sèche pour une révision bien nécessaire.

Lors de cet arrêt technique le second capitaine - M. Harry Grattidge - se repose ; il donne des permissions à autant de membres d’équipage que possible, surtout qu’en ces premiers mois de guerre les pertes dans la marine marchande sont considérables ; elles sont plus conséquentes que dans tous les services britanniques rassemblés. A la fin de son dîner au restaurant « Adelphi », M Grattidge se rend à la compagnie Cunard à Pier Head pour poser d’éventuels congés

M Grattidge raconte : Dès que je rentre au bureau, je m’aperçois qu’il y a un problème ; le capitaine - M. Davies - se sent très soulagé de me voir ; il me dit : nous avons de gros soucis, retournez sur le Lancastria et rappelez tout le monde car vous devez appareiller pour minuit ; votre mission n’est pas encore spécifiée mais le navire est réquisitionné pour Plymouth". Une fois à bord, M Grattidge demande au chef mécanicien de préparer les machines pour un départ immédiat ; il avertit le capitaine Sharp de la situation.

Suite aux télégrammes et aux messages diffusés dans les rues à l’aide de hauts parleurs, tout l’équipage se retrouve à bord sauf trois. Le lancastria quittera Liverpool pour la dernière fois. En effet, suite au désastre de Dunkerque, les anglais réquisitionnent toutes sortes de navires pour évacuer les hommes menacés par l’avancée éclair des allemands.

Le 14 juin 1940 au soir, le Lancastria appareille avec à son bord 3 tonnes d’huile réparties dans deux cuves de 1500 litres ; personne à bord ne connaît la destination . Le dimanche 16 juin à 07h00, le navire arrive sur rade de Plymouth pour mouiller son ancre ; ni le capitaine ni le second ne débarquent à terre ; ce sont des fonctionnaires qui embarquent pour examiner les capacités des logements pour les troupes. Ensuite, il quitte Plymouth pour Brest accompagné du navire Franconia , navire de 20341 tonnes. En passant devant Brest le dimanche après-midi 16 juin 1940, ils aperçoivent d’épaisses colonnes de fumées provenant de réservoirs d’essence en feu .

Ne pouvant plus rien faire à Brest le destroyer HMS Highlander contacte le Lancastria pour lui donner une nouvelle route vers le Sud en passant à proximité de la baie de Quiberon, ainsi les deux transatlantiques peuvent voir le littoral français. A 20h, le Lancastria et le Franconia ne sont juste qu’à quelques milles de leur destination, quand tout à coup un avion allemand surgit du ciel larguant quatre bombes entre le Franconia et le Lancastria situé derrière lui ; une bombe explose à toucher le Franconia lui soulevant son pont ; suite aux dégâts, le capitaine ne peut que mouiller son ancre et réparer ; aucune autre solution n’est possible ; ainsi le Lancastria l’accompagne et mouille dans la baie de Quiberon. Quelques heures après , le Franconia, en attente d’éventuels ordres, souhaite bonne chance au Lancastria.

Peu de temps après, le Lancastria aperçoit un chalutier qui fait route sur lui ; celui-ci informe le capitaine Sharp que le secteur n’est pas sûr et lui conseille de faire route sur Saint-Nazaire ; le capitaine en fait bon usage et met le cap sur l’entrée de l’estuaire de la Loire.

M Grattidge


Second Capitaine Grattidge


The Lancastria in the waitting area

Au matin du 17 juin 1940, le Lancastria arrive par ses propres moyens sur la rade de Saint-Nazaire située à quelques milles du port ; c’est l’endroit où embarque M Guillemet pilote de Loire qui, sitôt arrivé à la passerelle, conseille au capitaine de ne pas continuer sa route car il est dangereux de mouiller à proximité de la côte ; ce faisant, il deviendrait une proie facile pour les avions allemands ; le capitaine comprend qu’il est plus sage de mouiller au large de Saint-Nazaire. Le jour précédent le navire de commerce britannique - le SS Wellington Star - est descendu par un U-101 dans le golf de Gascogne. il ne reste plus maintenant au grand paquebot que quelques heures à vivre, mais qui s’en serait douté à l’aube de cette magnifique journée où le soleil commence à darder ses rayons de soleil qui, comme nous le verrons tout à l’heure sera l’une des causes du drame !!!



Le Wellington Star
Le Wellington Star


Le Capitaine Sharp


le Capitaine Sharp

Le 16 juin 1940, on peut apercevoir un grand nombre de navires mouillés aux alentours du phare des charpentiers ; cette rade est peuplée de navires transports de troupes dont de nombreux anglais ; ainsi les plus gros navires au tirant d’eau important s’alignent dans le chenal d’accès des Grands Charpentiers ; c’est l’unique passage pour ces navires.

Dans la nuit du 15 au 16 juin 1940, les avions allemands mouillent des mines magnétiques à l’entrée de l’estuaire de la Loire ; la drague ‘La Courbe’ en subit les conséquences ; le matin, elle saute sur l’une d’elles à proximité de la bouée 4 (bouée latérale bâbord du chenal d’accès de Saint-Nazaire)) faisant 4 morts ; le 16 juin une section britannique vient renforcer une flottille de démineurs qui se trouvent déjà sur place.

Le 16 juin 1940 à 11 heures, commence l’embarquement des troupes sur les navires mouillés sur rade ; sur le boulevard de mer à Saint-Nazaire les nombreux soldats et civils attendent les bateaux de petit tonnage pour les mener aux navires en attente au large de Saint-Nazaire. L’état major évalue à 40 000 les hommes à rapatrier ; s’ajoutent aux troupes anglaises, des polonais et des tchécoslovaques évacuant par camions entiers.


Le Sobieski
Le Sobieski

Ce navire est venu accoster à Saint-Nazaire, le 16 juin 1940 en début d’après midi, pour charger un maximum de troupe dont beaucoup de polonais.

Le Georgic
Le Georgic

Le navire Georgic était également le 16 juin 1940 à Saint-Nazaire pour y embarquer des troupes

Pendant ce temps en France

Le 23 mai, la 1ère armée française, l’armée belge et la BEF (British Expeditionary Force) sont détachées du gros de l’armée française enserrée dans l’étau que forment les groupes d’armées allemandes. Les alliés se replient vers le port de Dunkerque (opération Dynamo).
L’évacuation du corps expéditionnaire britannique a lieu entre le 26 mai et le 4 juin ; contre toute attente, 340000 soldats anglais et français sont sauvés par des destroyers, chalutiers, bateaux de plaisance et autres ferry boats en provenance des côtes anglaises. L’évacuation de plus de 300 000 hommes de la plage de Dunkerque demeure en Grande Bretagne une opération mémorable.
Les 110 000 soldats français sauvés sont embarqués à destination des ports bretons afin de rejoindre le reste des forces qui s’opposent toujours à l’avancée allemande.

Le 5 juin 1940, les 51é DI et le première Division Blindée débarquent en France pour aider l’armée française à arrêter la ruée des panzer Divisionen de Gudérian. Après de vaillants combats sans espoirs, la majeure partie des soldats de ces deux divisions est capturée dans la poche de Saint-Valéry-en-Caux où les combats cesseront le 12 juin 1940. Débarquée à Cherbourg à cette date, la 52ème DI se rembarque en bon ordre le 15 juin dans ce même port, sans avoir combattu.
Outre les unités combattantes, le corps Expéditionnaire comprenait des services des états major, des bases situées à l’arrière. La région de Nantes, Saint-Nazaire par exemple, située loin du front et utilisant les puissantes installations portuaires de Saint-Nazaire, constituait la base arrière la plus importante du Corps Expéditionnaire avec de nombreux dépôts répartis autour de Nantes, Blain, Savenay, Saint-Nazaire. Des hommes repliés depuis Arras, Rennes, Troyes, Tours, de Somme, de Champagne, de Normandie verront leur destin scellé à Saint-Nazaire.

A Saint-Nazaire

La première quinzaine de Juin et particulièrement à partir du 10 juin 1940, des milliers de soldats anglais vont converger vers les ports bretons et Saint-Nazaire, c’est un embouteillage indescriptible. Les véhicules ne peuvent aller jusqu’à Saint-Nazaire. Leurs propriétaires doivent les abandonner, garés côte à côte dans les champs et terminer la route à pieds après les avoir sommairement sabotés. Ils ne seront récupérés que tardivement par l’occupant et les usagers de la route verront dans le voisinage de Gron, pendant de longs mois, ces champs d’une couleur inhabituelle.

Le 12 juin, les sirènes hurlent dans la nuit ; un avion allemand ronronne dans le ciel ; beaucoup de nazairiens regardent aux fenêtres ; des explosions retentissent du côté de Penhoët ; les bombes tombent devant l’usine électrique où des wagons flambent ; dégâts importants, mais aucune victime.

Le 15 juin, les troupes anglaises, polonaises et tchécoslovaques refluent vers Saint-Nazaire dans l’espoir d’embarquer. Depuis quelques jours l’estuaire (vers la pointe de Villès Martin) s’est peuplé de gros navires. Des files interminables de camions, d’auto mitrailleuses, de canons légers, s’échelonnent le long des routes de tous les côtés. Les alertes se multiplient ; l’aviation allemande harcèle à basse altitude les troupes en retraite. Sur la place Marceau, les polonais tirent au fusil sur les avions survolant la ville ; ils surveillent les mouvements militaires en dépit de la D.C.A. et des chasseurs canadiens en trop petit nombre.

Dans la nuit du 15 au 16 juin, les anglais à Montoir détruisent le matériel qu’ils ne peuvent emporter ; les voitures parquées à Gron brûlent ; ils font exploser les réservoirs d’essence ainsi que les stocks de munitions.

L’embarquement des troupes dura 3 jours jusqu’au 18 juin. Le « Royal Ulsterman » fut le dernier navire à quitter la rade le mardi 18 juin 1940 vers minuit avec 3500 hommes à bord.

Les polonais restant remontèrent à la Turballe où des chalutiers sardiniers les conduisirent aux transports de troupes.

Le 16 juin Paul Reynaud, chef du gouvernement démissionne.

2000 morts, autant de disparus et de blessés ; la tragédie de Baud. Le 17 juin 1940 dans la gare de Rennes, où la luftwaffe a mitraillé un train de munitions à proximité de deux trains de réfugiés et de soldats.

Le 18 juin, le pétrolier « La Palmyre » de 20 000 tonnes en finition aux chantiers de Penhoët, voulait s’enfuir mais son hélice n’a pu être mise en place ; il réussit à sortir de la cale mais passant la rade une mine magnétique provoque une voie d’eau et l’immobilise ; le capitaine Léon Caron ordonne alors de larguer l’hélice qui disparaît sous les flots face au monument Américain, le pétrolier resta toute la guerre dans le port de Nantes .

Pétrolier Palmyre
Pétrolier Palmyre
Ecomusée St Nazaire


Embarquement des troupes sur les navires à Saint-Nazaire qui ensuite feront route sur les navires au large


Embarquement

Embarquement


Arrivée en train
Arrivée en train


Le Teiresia coule le 17 juin 1940 à l’entrée de la Loire
Le navire Teiresias fut construit en 1914 à Newcastle par Hawthorn Leslie, d’une longueur d’environ 150 mètres et 18 mètres de large, ce navire filait à une vitesse de 11 nœuds ; navire, comme le Lancastria, fut également réquisitionné par le gouvernement anglais. Il arriva sur rade de Saint-Nazaire le 17 juin 1940 pour aider à l’évacuation des restes de la Force Expéditionnaire Britannique.

En arrivant sur rade, il fut bombardé par un avion allemand ; la première bombe a inondé la salle des machines causant une fissure à travers le pont principal rejoignant la ligne de flottaison . Le capitaine JR Davies ordonna à l’équipage d’embarquer dans les canots de sauvetage. Une nouvelle attaque, quelques heures plus tard, l’a finalement coulé ; la majorité de l’équipage qui avait abandonné le navire fut transférée sur le HMS Oracle ; quant à l’équipage se trouvant à bord pour essayer de sauver le bateau, il a été pris en charge par l’Homside

Le Teiresia


Juin 1940, dans le port de Saint-Nazaire

Mardi 4 juin 1940, arrivée du 1er convoi des ponts et Chaussées et de la chambre de Commerce de Boulogne : Pas de Calais II, Sangsue, Calais II, Boulogne IV et Boulogne V. Samedi 8 juin 1940, le port constate l’arrivée des navires déroutés du Havre, tel que le Carvin. Les alertes de nuit deviennent quotidiennes, à raison de une ou deux alertes par nuit. Soit alerte par extinction des lumières, soit alerte par sirènes.

Semaine du 2 au 8 juin 1940. Comme la semaine précédente, le port remarquait la venue des navires hôpitaux anglais venant chercher les blessés ainsi que des navires anglais venant récupérer les munitions. Le Somershire, navire hôpital entrait le 30 mai, le 9 juin, le 16 juin pour embarquer des blessés. Le Dorsetshire, navire hôpital entrait le 2 juin 1940 et repartait le 3 juin rempli de blessés. Il revenait le 6 juin 1940 pour la même mission.

photo Eco Musée St Nazaire
photo Eco Musée St Nazaire

Sortie du navire hôpital Dorsetshire


10 juin 1940, les alertes se multiplient, le nombre des navires augmente de plus en plus. Les déchargements s’élèvent à une cadence jamais atteinte.

Mercredi 12 juin 1940, entrée du paquebot Champlain dans le port de Saint-Nazaire

12 juin 1940 vers 22h30, bombardement par avions allemands. Une bombe tombe sur la voie ferrée de Saint-Nazaire Nantes, près du passage à niveau dit « de Nantes » en arrière du quai des Charbonniers, coupant la double voie de Nantes à Saint-Nazaire et creusant un entonnoir de 20 mètres de diamètre et de 7 à 8 mètres de profondeur. 3 autres bombes sont tombées sur la plage à peu de distance du monument américain.

Dans la semaine du 9 juin au 16 juin 1940, les alertes se multiplient à Saint-Nazaire. Le nombre des navires augmente de plus en plus. Les déchargements s’élèvent à une cadence encore jamais atteinte. Il y a 22 navires en rade des Charpentiers à la fin de la semaine et 80 avec Quiberon.

16 juin, un paquebot se tient en rade de Saint-Nazaire et les troupes y sont portées par des remorqueurs plus petits. Un autre paquebot entre dans la forme entrée où des troupes sont embarquées ainsi que sur 2 contre-torpilleurs qui chargés de troupes les portent aux paquebots. A midi un avion allemand mitraille un paquebot sur rade, laisse tomber une bombe à 50 mètres de ce paquebot qui embarquait les troupes. La D.C.A. l’oblige à prendre la fuite. On pouvait évaluer à 8000 le nombre de soldats anglais embarqués ce jour.

Déjà le 17 juin 1940, le Somersetshire chargé de blessés quittait le port de Saint-Nazaire. Plusieurs bateaux comme le Dundrum Castle, Marlew et Pollux n’avaient pas été déchargés.

Le Clan Fergusson quittait le port de Saint-Nazaire le 18 juin 1940 à 4h50 suivi du Pierre LD, Beltoy, Harpathian, Brant County, Engertre, Luronne, Néion, Sprmex, Shelsprat, San Antonio, Indo Chinois, Château Pavie, Glenaffaric, Cap Sun et le dernier à 19h30 le Cap Cauvin. Le 18 juin 1940, la capitainerie de Saint-Nazaire estimait seulement 1000 à 1500 rescapés sur le naufrage du Lancastria et estimait le nombre de 5 à 6000 personnes à bord.


Le 18 juin, l’embarquement des troupes anglaises est peu à peu terminée, il a été embarqué des soldats sur tous les navires anglais. On peut évaluer à 30 000 tonnes de munitions et à 30 000 le nombre de soldats embarqués. A 20h, nombreuses explosions dans la région de Montoir.

Mercredi 19 juin 1940, la marine française fait sauter le pont de Méan. Sorti du Jean Bart à 5 h. A 10h, la capitainerie apprend l’entrée des allemands à Nantes pour 15h. A 15h, arrivée de 700 polonais, les officiers insistent pour traverser la Loire. Le commandant du port de Saint-Nazaire, demande que les polonais se rendent à la Turballe où, au moyen de bateaux de pêche, ils passeront sur les paquebots en rade de Quiberon. Refus des officiers polonais qui préféraient se battre sur zone que d’aller sur la Turballe. Le commandant cède et les fait passer sur les remorqueurs restants, le ‘Goéland’ etc... pour traverser la Loire. Le transbordement sera fini à 18h.

Quelques heures après un amiral annonce l’arrivée à Saint-Nazaire, de toute une division polonaise qui se trouvait à Coetquidan. Le gros de la troupe est à Herbignac mais des détachements sont déjà en route sur Saint-Nazaire, par trains, camions où à pieds. Ils arriveront dans la nuit.

Nuit du 19 au 20 juin 1940. Un détachement de 500 polonais arrive à la vieille entrée à 19h. Ils arriveront encore à passer la Loire. Un 2ème détachement d’égale importance arrive vers 21h. Il n’est plus possible de traverser, il n’y a plus personnes à bord des remorqueurs ‘Furan, Ballast I et Ballast II’. Les troupes polonaises sont repérées par les avions allemands, ainsi que celles qui continuent à affluer en ville et qui sont dirigées sur Plaisance (Saint-Nazaire Ouest). Les avions allemands volent à très basse altitude (il n’y a plus de D.C.A.) et lancent 3 ou 4 séries de 3 ou 4 bombes ne causant aucun dégât.

Vers 1h15 du matin, ils lancent 4 bombes en ville, cherchant vraisemblablement à atteindre les troupes polonaises qui traversent la ville. Les bombes détruisent entièrement 4 maisons et tuant leurs habitants. Au petit jour, les polonais de la Vieille Entrée se décident à partir.

La journée du 20 juin 1940, vers 7h du matin, des contre-torpilleurs anglais se présentent pour embarquer les polonais. Les torpilleurs entrent successivement dans la forme écluse où se trouve déjà le « Palmyre » embarquant les polonais. L’embarquement est terminé vers 11h. 5 autres contre-torpilleurs se rendent au Croisic pour embarquer le reste des troupes polonaises qui y sont dirigées tant d’Herbignac que de Plaisance.

Samedi 22 juin 1940, les troupes allemandes arrivent à Saint-Nazaire



Suite17 juin 1940, la tragédie du Lancastria, le désastre


copyright Yves Beaujuge
copyright association Lancastria Angleterre

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