La Tragédie du LANCASTRIA

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Le récit d’un plongeur
Mis en ligne : dimanche 22 octobre 2006, par Yves

Je suis âgé de 62 ans, entré dans la Marine Nationale en 1962, ayant effectué une formation de nageur de combat, j’ai exercé les fonctions de plongeur professionnel militaire jusque dans les années 70 dans les forces spéciales (commandos de marine), et ensuite jusqu’en 1984 au sein de la Gendarmerie Nationale Je totalise près de 2000 plongées en tous mileiux, effectués avec tous les types d’appareils en service à cette époque.

Ma première plongée effectuée sur l’épave du Lancastria remonte à l’été 1971 Nous avions été sollicité par un aptron pêcheur ayant accroché l’épave avec son chalut, ne pouvant le dégager, il l’avait balisé avec une bouée et avait demandé l’intervention des plongeurs.

En compagnie d’un équipier nous avons plongé à l’étale de pleine mer afin que les meilleures conditions soient réunies (visibilité et courant). Nous sommes descendus directement sur l’épave en suivant le cordage qui nous a mené au chalut. Ce dernier étant pris du côté bâbord environ au vers le milieu du navire. Après une vingtaine de minutes, nous avons réussi à décrocher l’engin de pêche qui a été récupéré par le pêcheur. An cours de cette plongée,je n’ai pas vu grand-chose de l’épave si ce n’est une grosse masse noire avec des morceaux de tôles déchiquetés représentant autant de dangers pour notre sécurité. J’y ai également entendu des bruits sourds assez impressionnants, probablement des morceaux de tôles s’entrechoquant poussés par les courants.

A plusieurs reprises nous sommes retournés sur l’épave soit pour d’autres interventions au profit de pêcheurs ou pour des plongées d’entraînement. Environ une quinzaine de plongées ont été effectuées. L’épave a pu être visitée de la proue à à la poupe, aucune visite interne n’a été faite, une exploration de cet ordre représentant trop de danger sans équipements spéciaux, vu l’état de délabrement de la coque. Au meilleur de nos plongées effectuées, la visibilité n’a jamais excédé 4 à 5 mètres avec beaucoup de particules en suspension. A cette époque , par temps calme à la surface de l’eau une irisation était encore visible indiquant que des gouttes de mazout remontaient toujours de la coque.

L’épave est posée sur le fond à 24 mètres de profondeur, le plus haut de ce qui reste du pont se trouve à 12 mètres de la surface. La bateau gît penché sur bâbord, excepté le tiers avant qui est légèrement penché sur tribord , la coque fragilisée s’étant probablement vrillée. La passerelle et les hauts du navire ont disparus, seuls sont encore visibles des débuts de coursives encombrés de ferraille. Sur la partie avant un panneau de cale est grand ouvert sur le noir des entrailles du bateau. Divers objets hétéroclites jonchent les divers ponts, recouverts par une gangue de vase et de concressions.

Sur la partie arrière tribord et bâbord sont encore visible une rangée de hublots de gros diamètre, certains ayant été enlevés, ne restant visible que les chaînes d’ancres accrochées aux guindeaux, tous ses apparaux étaient toujours en place.

Concernant la faune, ce navire constitue un lieu idéal pour toutes sortes de poissons et de crustacés. Au cours des diverses plongées j’y ai vu des congres énormes nullement impressionnés par notre présence, beaucoup de lieus, des bars, des daurades et des nuées de tacauds. Un homard de forte taille occupait l’entrée d’un puit à chaînes à l’avant du bateau. Il est à noter qu’un grand nombre de lignes de pêche perdues sont également visible.

A l’époque de mes plongées sur cette épave soit de 1971 à 1974, la plongée de loisir n’était pas encore très développée et seulement quelques plongeurs, la plupart professionnels étaient descendus sur le Lancastria. Au fil des ans la plongée dite de loisir s’est développée et avant que l’épave ne soit classée, divers clubs de plongée de même que de bon nombre de plongeurs particuliers s’y sont rendus fréquemment.

Donc voilà relatées toutes les choses que je puisse vous dévoiler sur mon épisode Lancastria

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