Témoignage reçu par Monsieur Slatter dont je remercie. Fils d’un survivant de la tragédie du Lancastria.
Après un long voyage avec de nombreuses haltes, nous arrivions à Saint-Nazaire où nous devions embarquer sur un navire de l’armée anglaise. Afin de rejoindre un des navires attendant au large de la côte.
Aux environs de 13h30 nous embarquions à Saint-Nazaire à destination du navire Lancastia, positionné à 5 milles au large. Pour nous, c’était le retour à la maison, où nous devions attendre de nouveaux ordres. L’accueil des marins de ce navire fut très chaleureux.
Les deux heures qui suivirent nous ont permis de prendre un déjeuner, suivi d’une toilette, d’un rasage et d’un bain bien nécessaire. Quand tout à coup les festivités ont commencées.
Lorsque les deux premières bombes atteignirent le Lancastria, je me trouvais au pont C, et la troisième explosa à proximité de nous. Ce fut catastrophique, la lumière s’éteignit et le navire commença à gîter sur bâbord. Nous sommes dans une poussière épaisse, je suis assis sur le plancher pour retrouver ma respiration. Au loin nous apercevons une lumière, nous essayons de faire notre chemin vers celle-ci. Le Lancastria gîtait de plus en plus.
Nous réussissons à atteindre cet endroit lumineux pour y trouver une porte. Cette porte se trouvant sur le coté, nous permet de sauter immédiatement à l’eau. Nous nageons le rapidement possible, pour rejoindre un canot de survie qui est proximité de nous. 5 personnes se trouvèrent à bord. A 8personnes à bord nous réalisons que nous devons nous éloigner du navire avant d’y être aspiré.
Finalement, 1h30 mn plus tard nous avons été récupéré par un navire, où nous avons pu nous réchauffer à l’avant du navire dans le gaillard. J’avais beaucoup prié pour tout ceux qui se trouvaient à bord, je priai pour mes amis. Malheureusement beaucoup de mes amis n’ont pas eu cette chance. Je pense à mon ami Joe Sales reposant dans une tombe aqueuse, je le pleure encore.
Retournant au port, sur un ferry boat. Nous commençons à accumuler des tenues que les marins nous remirent chaleureusement. Ensuite avec d’autres survivants nous embarquions sur le Ulster Prince qui était ancré également à proximité de Saint-Nazaire, nous devions rester à l’ancre jusqu’à l’aurore.
Toute la nuit, au clair de lune, une activité importante se déroulait. Les avions ennemis nous ont bombardés à plusieurs reprises sans aucun dommage. Lors du naufrage tous mes effets personnels étaient mouillés, donc je le jetai par-dessus bord, l’eau de mer les avait détérioré.
Lors de la dernière scène du naufrage, l’image de voir Jack Langley, Gerry Cook, Bill Hutchings et d’autres, dont je ne peux pas me souvenir, resta gravé longtemps en moi.
Mon père en 1940 était Lance Bombardier, Francis Slatter, Royal Artillery. Service number 1433248.
