La Tragédie du LANCASTRIA

Vous êtes ici : 20. Récits des survivants et résidants de la région nazaireinne > Mme Gadet
Cérémonie Lancastria le 8 mai Noirmoutier
Dédicaces Livre
Cérémonie 2010
0.01 Conférence Lancastria2010
1. !!!! Quoi de neuf sur le site !!!!
L’histoire du Lancastria
Croisière à bord du Lancastria année 1930
3.2 Le drame des enfants Belges
Victimes du Lancastria
Contact
Récits des survivants et résidants de la région nazaireinne
Association Lancastria Ecosse
Récit d’un plongeur
Rapports de mer
Opération Dynamo
Opération Aérial
Navires de l’opération Aérial
Ursus, Minautore et Titan, les remorqueurs de la Transat
Baliseur Paul Leferme
Bateau pilote La Lambarde
Le Champlain 17 juin 1940
Rennes, 17 juin 1940, tragédie à la gare à la plaine de Baud
La carrière de Mister Sharp, capitaine du Lancastria
les mésaventures du Lancastria
Livres à lire
Abréviations Anglaises
Articles de presse 1940
Intéressant
Liens
Remerciements
Cimetières
Position du Lancastria
Albums photos du Tyrrhénia / Lancastria
Survivants du Lancastria
Saint-Nazaire avant, pendant, après la guerre 39/45
Mme Gadet
Mis en ligne : samedi 25 juin 2005, par Yves

Le 17 juin 1940 , j’avais 17 ½ ans , j’habitais rue Ferdinand Garnier à Saint-Nazaire , j’exerçais la profession de couturière chez M. Berra , entreprise de voilerie qui se trouvait sur le port de Saint-Nazaire , je suis originaire de Guérande ville située à environ 20 km dans l’Ouest de Saint-Nazaire

L’après midi du 17 juin 1940 , par une belle journée ensoleillée nous étions avec ma sœur et des amis civils à nous promener le long du rivage de Saint-Nazaire . Ce jour là il se trouvait beaucoup de soldats Anglais , ça partait du collège Saint Louis pour rejoindre le port (environ 1.5 km) , pour moi et ma sœur qui étions jeunes filles nous trouvions cela amusant de voir tout ces jeunes hommes qui semblaient contents de partir ( c’est comme cela que nous le ressentions ) , ils nous paraissaient pas du tout catastrophés ni paniqués mais par contre ils étaient très fatigués, tout ces jeunes soldats qui n’avaient guère plus de 20 ans étaient totalement usés , ce qui nous surprenaient beaucoup c’était de voir un nombre aussi important de militaires arrivés en si peu de temps à Saint-Nazaire.

Dans l’après midi du 17 juin 1940 nous avons aperçu une forte explosion au large de Saint-Nazaire, ce fut un bruit incroyable, un soldat qui se trouvait à coté de ma sœur a plongé sur elle en la plaquant au sol pour la protéger, nous avons eu très peur, aussitôt nous sommes rentrés chez nous. C’est uniquement le lendemain que nous avons appris qu’il y avait eu un navire anglais bombardé par un avion allemand. Mais nous n’avions absolument aucune autre information , je n’ai jamais su ce qui s’est réellement passé car personne ne parlait de cette catastrophe , les nazairiens ne connaissaient pas le nombre impressionnant de morts suite à ce bombardement. Le 18 juin nous sommes allés travailler comme si rien ne s’était produit, ensuite arrivait 4 années de guerre et de malheur ce qui n’a pas favorisé le souvenir de ce naufrage.

Les Nazairiens avaient peur de l’arrivée des allemands approchant Saint-Nazaire, tout le monde pensait au départ précipité du Jean Bart qui devait absolument partir avant l’arrivée de l’ennemi (un des plus gros navire de guerre construit à Saint-Nazaire), nous devions nous préparer à vivre des moments difficiles, par la suite je n’ai jamais entendu parler des corps qui arrivaient sur la côte.

J’ai poursuivi mon travail de couturière à la voilerie de M. Berra, je confectionnais des voiles pour les navires et c’est dans les années 1940 /41 que l’on s’est mis à travailler sur le port au pied de la grue « la grand mère ». Notre travail consistait à réparer des bouées couronnes usagées voir déchirées, il y en avait un nombre incalculable, je m’en souviens comme si c’était hier : j’avais réparé des bouées de sauvetage du paquebot Lancastria.

En mars 1943 nous sommes allés nous réfugier à Saint Etienne de Mont Luc car à Saint-Nazaire c’était invivable, en 1943/44 il ne restait à Saint-Nazaire au niveau autorité que 5 pompiers et 2 policiers dont mon père, par la suite la vie a été très rude et c’est vrai que depuis ce 17 juin 1940 nous n’avions pas réalisé l’ampleur de la catastrophe du lancastria.

Aucun document n'est attaché à cet article.


Accueil | Nous contacter | Plan du site | Administration |