M Beaujuge vous demandiez n’importe quels détails sur le naufrage du Lancastria en juin 1940. Ce que je peux vous raconter peut être intéressant ou ne pas l’être pour vos recherches, cependant je raconterais ce que je me souviens
En ce temps là j’étais avec le MTSD.RASC à la Chapelle sur Erdre à 10 km de Nantes, les choses étaient devenues indéfendables, on nous averti que nous devions partir pour Saint-Nazaire. Notre compagnie trouvait plus sage de ne pas s’encombrer avec les véhicules la journée si bien que notre départ était reporté au crépuscule. Nous avons atteint un endroit à quelques kilomètres de Saint-Nazaire où tout le matériel était entièrement détruit, ensuite nous poursuivions notre route. Nous avons aperçu les avions allemands, nous nous sommes abrités, cela devait être quand le Lancastria a été frappé et fait couler.
Quand nous arrivions à Saint-Nazaire nous avons su que le Lancastria était en partie submergé, nous avons appris plus tard que notre unité était prévue pour être à bord de ce navire, mais comme nous avions du retard c’est une autre compagnie qui embarqua. Comme vous pouvez l’imaginer beaucoup de survivants ont été amenés à terre, il ne restait que trois navires pour nous emmener car beaucoup de troupes restaient encore à évacuer, nous avions eu une nuit très agitée avec les bombardements mais aucun des trois bateaux n’a été touché. A l’aube deux navires sont partis et enfin le notre, les deux premiers sont rentrés à Falmouth. En rentrant en Angleterre nous avons également ramené des survivants du Lancastria qui étaient dans une forme pitoyable. J’ai plusieurs fois pensé au fil des années que nous étions chanceux et que notre compagnie avait agi pour le mieux.