Témoignage de Monsieur Percy Gully écrit le 14 mars 1975 reçu par son fils Alan Gully
J’étais dans l’armée de réserve dans la section des chemins de fer, j’ai été appelé 2 ou 3 jours avant que la guerre ne soit déclarée. Dans la semaine qui suivit je me suis retrouvé en France avec la B.E.F. Nous sommes parvenus à Amiens et nous nous sommes postés aux diverses gares de la région. Je suis allé à la station appelée « Vignancourt » et j’étais logé dans une famille française dans un café à droite de l’extérieur de la gare. Il y avait beaucoup de travail à faire, en peu de temps je suis passé caporal de lance, ensuite un sapper nommé Cooper est venu m’aider pour mon travail.
Après quelques jours de congé, mon travail à Vignancourt était donné au sapper Cooper, maintenant lance corporal (matelot breveté), moi j’ai été promu Caporal et suis resté au H.Q. travaillant à la gare d’Amiens. Par la suite j’étais posté dans une petite station appelée Flexicourt. Soudainement c’était annulé alors j’ai demandé à travailler dans une gare de triage à Paris. Les allemands arrivaient et on nous a ordonné d’évacuer. Le RSM, un écossais appelé Davidson était avec nous quand tous ensemble nous nous sommes réunis et embarquions dans un autobus et fourgon des chemins de fer pour une durée de 3 jours et 3 nuits pour finalement arriver à une petite place appelée Pawmesska où tout nos détachements continuaient d’arriver. Après environ 4 jours il y avait 300 officiers et hommes, lors d’un raid d’avions ennemis je me suis retrouvé dans un fossé.
Le RSM possédait une radio portative, nous entendions l’annonce de l’évacuation complète de la B.E.F., jamais je n’oublierai ces mots qu’il me dit : ne tracassez pas les gars, nous rentrerons tous à la maison. Plus tard un officier nous réunit tous ensemble pour nous informer que certains hommes nous transporteraient jusqu’à un petit dock où des remorqueurs nous amèneraient sur deux paquebots de grandes lignes, le Lancastria ou l’Oronsay, mais avant que nous fassions route il nous dit : nous aurons un petit service religieux pour le voyage de retour en Angleterre, quelques hommes firent remarqués qu’ils étaient catholiques, sa réponse fut : vous êtes tous des C et E. cela retarda notre départ de 15 minutes, le temps de prier.
Il est dit : la chance que j’ai eu, le garçon qui avait pris ma place à Vignacourt fit prisonnier pendant 5 longues années. Le garçon qui avait pris ma place à Flexicourt a été tué dans l’action et suite au service religieux de courte durée nous avons manqués le remorqueur qui allait sur le Lancastria
Jamais je n’oublierai la chance que j’ai eue
P. Gully
Royal Engineers