Témoignage recueilli par M Beaujuge Y
Mon père était embarqué comme chef mécanicien sur la Paul Leferme, en 1940 il était âgé de 53 ans. Lors du naufrage du Lancastria mon père se trouvait en mer soit à la Teignouse, soit à une relève de phare ou à éteindre les bouées, en revenant le soir vers 23h30 mon père était couvert de mazout et il nous raconta la catastrophe du Lancastria qui eu lieu dans l’après midi, il était avec le capitaine dans un canot à récupérer les corps , mon père avait été surpris de voir que le Saint Christophe (bac de Saint-nazaire) était avec le Paul Leferme sur zone , ce qui m’a choqué du plus haut de mes 19 ans c’est que mon père hésitait (il ne pouvait faire autrement) à choisir les corps dans l’eau ainsi il devait trier les vivant ou blessés et abandonner les morts, de plus ils avaient beaucoup de difficultés à les mettre à bord à cause du mazout dont les corps en étaient engluer .
Ce qui m’a surpris le lendemain c’est de ne pas voir beaucoup d’agitation à Saint-Nazaire suite au naufrage uniquement par la suite j’ai su qu’il y avait des corps qui arrivait sur nos côtes.
La guerre à continuer et nous en avons beaucoup souffert à Saint-Nazaire , le moral des nazairiens était comme celui de tous les français « pas terrible », je ne me souviens pas d’avoir eu des contacts avec les anglais aussi bien moi que les nazairiens.
Dans les années qui ont suivies je fus très surpris de savoir qu’il ait eu 2477 survivants et surpris également que la tragédie du Lancastria avait été cachée par le gouvernement britannique.
M. Porcher Gilbert